Après
des études brillantes au Lycée Condorcet, Paul Sérusier,
« le Nabi à la barbe rutilante », entre à l’Académie
Julian, dont il devient bientôt massier, et où il se lie étroitement
avec Pierre Bonnard et Maurice Denis.
En
1888, Sérusier séjourne à Pont-Aven, il y rencontre Paul
Gauguin. Cette rencontre sera décisive. Sérusier réalise
alors ce que ses camarades appelleront plus tard le Talisman,
une petite boîte dont l’artiste avait peint le couvercle dans
une facture synthétique, en aplats de couleurs pures. Cet objet sera
à l’origine du mouvement Nabi et marquera le point de départ
d’un groupe d’artistes indépendants vers un art simplifié
et symboliste.
De retour à Paris, Sérusier devient le principal animateur du
groupe des Nabis (en hébreu : « les prophètes »),
à qui il fait connaître les idées et les réalisations
du groupe de Pont-Aven, qu’il fréquente à nouveau de 1889
à 1890. En 1893, Sérusier voyage en Italie avec Émile
Bernard ; en 1895, il visite la Toscane et l’Ombrie avec Maurice Denis.
À plusieurs reprises également, il séjourne en Europe
centrale où il retrouve Verkade et se pénètre de l’Esthétique
de Beuron, basée sur les « saintes mesures » et sur le
nombre d’or. Il devient professeur à l’Académie
Ranson, et forme plusieurs volées de jeunes artistes.
En
1914, il épouse une de ses élèves, Marguerite Gabrielle
Claude, et s’établit en Bretagne, à Châteauneuf-le-Faou.
En 1921, il publie son ABC de la peinture, testament esthétique et
spirituel.